En Belgique, aucune loi n'interdit le crédit à une catégorie de personnes : ni le CDD, ni le chômage, ni la pension, ni l'âge au-delà de 18 ans ne sont des motifs légaux de refus. La loi impose autre chose : le prêteur doit évaluer votre solvabilité (revenus, charges, situation familiale et professionnelle, crédits en cours) et ne peut vous prêter que s'il peut raisonnablement estimer que vous rembourserez. C'est donc la stabilité et le niveau de vos revenus, pas l'étiquette de votre statut, qui décident. Le même prêteur peut accepter un CDD avec de la marge et refuser un CDI endetté.
Ce que la loi impose à tous les prêteurs, quel que soit votre profil
Le livre VII du Code de droit économique encadre tout crédit à la consommation (prêt personnel, prêt auto, vente à tempérament, ouverture de crédit) de 200 € et plus. Il ne contient pas de liste de profils acceptés ou refusés. Il impose au prêteur une méthode :
- Évaluer votre solvabilité (art. VII.77) : le prêteur doit examiner vos revenus, vos charges et vos engagements, documenter cette évaluation et ne pas conclure le contrat s'il ne peut pas raisonnablement estimer que vous rembourserez. Wikifin le résume : il « peut, et même doit, vous le refuser s'il pense que vous ne pourrez pas le rembourser ».
- Consulter la Centrale des crédits aux particuliers de la Banque nationale avant toute offre (art. VII.69), où figurent tous vos crédits en cours et vos éventuels défauts de paiement. Détails sur le fichage à la BNB.
- Refuser si vous avez un arriéré non régularisé de plus de 1.000 € enregistré à la Centrale. Jusqu'à 1.000 €, il peut prêter mais doit le motiver spécialement (lignes directrices du SPF Économie, 2022).
- Vous faire remplir un formulaire de demande au-delà de 500 € et vous interroger sur tous vos revenus, y compris les revenus de remplacement et les pensions alimentaires. En revanche, il ne peut pas vous demander d'informations sur votre santé.
- Vous laisser une marge : les lignes directrices du SPF Économie demandent que, après vos dépenses vitales (logement, énergie, éducation des enfants) et vos dettes, il reste une marge pour la nouvelle mensualité. Aucun pourcentage n'est fixé par la loi : la « règle des 33 % » est une pratique de prêteur.
- Vous expliquer un refus : Wikifin rappelle que s'il refuse, « il doit vous expliquer pourquoi », et que vous pouvez faire corriger des données erronées.
Deux conséquences pratiques. D'abord, un prêteur qui promettrait un crédit « sans vérification » ou « sans analyse » ne respecte pas la loi : méfiez-vous. Ensuite, un revenu de remplacement est un revenu : les lignes directrices citent expressément les allocations de chômage et les indemnités de mutuelle parmi les revenus que le prêteur peut prendre en compte, à condition d'en vérifier l'existence et la régularité. Ce que le prêteur doit vérifier de plus près, c'est leur pérennité : « plus long est le crédit, plus le prêteur doit s'assurer que les revenus identifiés sont pérennes ». Tout ce qui suit découle de cette phrase.
| Ce que la loi exige | Ce que la loi n'exige pas |
|---|---|
| Être majeur (18 ans) et capable de contracter | Un âge maximum |
| Des revenus suffisants et vérifiés, avec une marge après les charges | Un CDI, un type de contrat ou un statut particulier |
| Aucun arriéré non régularisé de plus de 1.000 € à la Centrale | Un historique de crédit |
| Une évaluation documentée, dossier par dossier | Une garantie (hypothèque, gage) pour un prêt à tempérament |
Les conditions générales (montant, durée, documents) sont détaillées dans les conditions d'un prêt personnel ; ici, nous passons profil par profil.
Faut-il un CDI pour faire un crédit, par exemple pour une voiture ?
Non. La loi ne demande pas de CDI, et un CDD, une mission d'intérim ou une période d'essai ne ferment pas la porte. Wikifin indique que le prêteur examine « votre situation familiale et le type de contrat de travail que vous avez » : le contrat est un élément de l'analyse, pas une condition d'entrée. Ce que le prêteur cherche, c'est la probabilité que votre revenu continue pendant toute la durée du crédit.
En pratique, les prêteurs raisonnent en général ainsi (chaque prêteur a sa politique, non publiée) :
| Votre contrat | Ce que le prêteur regarde en général | Ce qui aide |
|---|---|---|
| CDI (y compris en période d'essai) | Ancienneté, montant du salaire, charges | Fiches de paie récentes, extraits de compte |
| CDD | Date de fin du contrat par rapport à la durée du crédit, renouvellements successifs, secteur | Historique de contrats enchaînés, perspective de CDI, durée de crédit courte, autres revenus du ménage |
| Intérim | Régularité des missions sur les 12 derniers mois, revenus mensuels moyens | Relevés de toutes les missions, contrat d'intérim à durée indéterminée si vous en avez un |
| Temps partiel, titres-services, article 60 | Revenu net réel et sa stabilité | Montant demandé proportionné, co-emprunteur |
- Adaptez la durée. Un crédit qui se termine avant la fin de votre contrat est plus facile à justifier qu'un crédit sur 7 ans avec un CDD de 6 mois. Pour une voiture, un prêt auto (crédit affecté, facture à l'appui) est en outre moins cher qu'un prêt personnel : TAEG relevés de 6,49 % à 8,99 % contre 9,99 % à 11,99 % le 1er octobre 2026.
- Pensez au co-emprunteur. Un partenaire avec des revenus stables renforce le dossier, mais il devient tenu de toute la dette (voir se désolidariser d'un crédit avant de signer à deux).
- Un acompte réduit le montant emprunté et la mensualité ; sur 8.000 € empruntés sur 48 mois, la mensualité d'un prêt auto va de 189,00 € à 197,71 € selon le TAEG obtenu (6,49 % à 8,99 %).
- Ne multipliez pas les demandes simultanées chez plusieurs prêteurs sans réponse : comparez d'abord avec le simulateur, puis déposez un dossier complet. Les pièces à réunir sont listées dans les documents pour une demande de crédit.
Au chômage ou sans emploi : peut-on encore financer une voiture ?
La loi ne l'interdit pas : les allocations de chômage sont un revenu de remplacement que vous devez déclarer et que le prêteur peut prendre en compte. Mais en pratique, un dossier dont le seul revenu est une allocation de chômage est le plus souvent refusé par les prêteurs classiques, parce qu'ils doivent s'assurer que le revenu durera aussi longtemps que le crédit.
Cette exigence de pérennité pèse plus lourd depuis la réforme de l'assurance chômage : selon l'ONEM, pour les demandes introduites à partir du 1er mars 2026, le droit aux allocations de chômage complet est limité à 24 mois au maximum (12 mois de base, plus jusqu'à 12 mois selon le passé professionnel), et les allocations d'insertion à un an. Un prêteur qui examine un crédit auto sur 48 ou 60 mois ne peut donc pas considérer cette allocation comme acquise sur toute la durée. Les montants des allocations et les mesures transitoires sont sur le site de l'ONEM.
Ce qui change la donne, en général :
- D'autres revenus stables dans le ménage (salaire du partenaire co-emprunteur, pension) ou une reprise d'emploi déjà signée.
- Un montant modeste et une durée courte : emprunter 8.000 € pour une occasion fiable est plus réaliste que financer une voiture neuve.
- Le crédit social accompagné : Crédal, coopérative agréée, prête aux habitants de Wallonie et de Bruxelles qui perçoivent des allocations sociales (CPAS, chômage, mutuelle, handicap, pension) ou de faibles revenus professionnels, pour un bien de première nécessité, dont une voiture d'occasion, un scooter ou un vélo électrique. Montants de 500 € à 10.000 € (durées légales du prêt à tempérament, 48 mois maximum à 10.000 €), TAEG de 6 % en Wallonie et de 5 % à 7,5 % à Bruxelles selon le montant, sous plafonds de revenus (relevé du 9 octobre 2026 sur credal.be ; Crédal n'intervient pas en Région flamande). C'est un vrai crédit, avec une analyse de votre budget : il n'est octroyé que si vous n'avez pas accès à un crédit bancaire moins cher.
- Le CPAS de votre commune, pour une aide ponctuelle ou un accompagnement budgétaire, surtout si la voiture conditionne un emploi.
Comment obtenir un prêt (voiture) avec de faibles revenus ?
Il n'existe pas de revenu minimum légal pour emprunter. Le prêteur doit vérifier qu'après vos dépenses vitales et vos dettes, il vous reste une marge suffisante pour la nouvelle mensualité, en tenant compte de la composition de votre ménage. Les lignes directrices du SPF Économie lui interdisent d'ailleurs d'appliquer « un seul montant forfaitaire pour tous les types de consommateurs ».
Illustration (budget fictif) : avec 1.750 € de revenus nets, 650 € de loyer et 150 € de crédit en cours, il reste 950 € pour vivre et payer la nouvelle mensualité. Le prêteur en déduit une estimation de vos dépenses vitales (énergie, alimentation, enfants) et regarde ce qui reste. Un prêt auto de 8.000 € sur 48 mois coûte entre 189,00 € et 197,71 € par mois aux TAEG relevés le 1er octobre 2026 : c'est cette mensualité qui doit tenir dans la marge, pas le montant total.
- Visez le bon produit. Pour une voiture, le crédit affecté (prêt auto) est moins cher qu'un prêt personnel ; pour des travaux, un crédit rénovation ou un prêt régional l'est encore plus.
- Réduisez le besoin. Acompte, reprise de l'ancien véhicule, modèle moins cher : chaque euro non emprunté baisse la mensualité et augmente vos chances.
- Choisissez la durée avec soin. Allonger baisse la mensualité mais augmente le coût total ; la loi fixe aussi une durée maximale par montant (48 mois pour 8.000 €, voir le prêt à tempérament).
- Testez votre capacité avec le calcul de capacité d'emprunt avant de déposer une demande.
- Si les prêteurs classiques refusent, le crédit social accompagné (voir ci-dessus) est fait pour les revenus modestes : ses plafonds de revenus nets mensuels, après loyer et par personne à charge, sont publiés par Crédal. Et lisez que faire après un refus de crédit.
Pensionné, invalide, en mutuelle : emprunter avec un revenu de remplacement, et jusqu'à quel âge ?
Oui, un pensionné peut emprunter : la pension est un revenu régulier et prévisible, souvent plus stable qu'un salaire. Le Code de droit économique ne fixe aucun âge maximum. Ce sont les prêteurs qui appliquent chacun une politique d'âge, par exemple un âge limite à la signature ou à la dernière mensualité, ou une durée réduite. Rien ne vous empêche de demander : comparez plusieurs prêteurs, leurs règles d'âge diffèrent.
Après 70 ans, trois réflexes : demander une durée courte (la mensualité est plus élevée, mais le dossier passe plus souvent et le coût total baisse), ne pas vous laisser imposer une assurance solde restant dû (pour un crédit à la consommation, elle ne peut pas être obligatoire ; si elle vous est proposée, comparez le TAEG avec et sans), et vérifier que la mensualité reste supportable si l'un des deux conjoints venait à disparaître.
Invalidité, incapacité de travail, allocation pour personne handicapée. Les indemnités de mutuelle et les allocations de remplacement de revenus sont des revenus de remplacement à déclarer, et les lignes directrices citent les indemnités de mutuelle parmi les revenus admissibles. Le prêteur peut vous demander leur montant et leur régularité (décomptes de la mutuelle, attestation), mais pas d'informations sur votre état de santé : la loi le lui interdit. Il évaluera la pérennité du revenu sur la durée du crédit : une invalidité reconnue (après un an d'incapacité) est, en général, considérée comme plus stable qu'une incapacité primaire récente. Le crédit social accompagné de Crédal s'adresse aussi explicitement aux personnes percevant des allocations de mutuelle ou de handicap.
Dans tous ces cas, pensez à la rétractation de 14 jours si vous signez trop vite, et au remboursement anticipé si une rentrée d'argent (vente, héritage) permet de solder plus tôt.
À 19 ans ou étudiant : quel âge pour un prêt, et peut-on financer une voiture ?
Dès 18 ans, vous pouvez signer un crédit : Wikifin rappelle que « dès qu'il atteint sa majorité, un enfant peut contracter un emprunt ». Un mineur ne peut pas signer seul un contrat de crédit. À 19 ans, la question n'est donc pas l'âge mais les revenus.
Ce que le prêteur regarde chez un jeune, en général : un revenu propre et régulier (premier emploi, même en CDD ou en intérim), l'absence de crédits en cours et une mensualité proportionnée. L'absence d'historique de crédit n'est pas un défaut : la Centrale des crédits ne contient que les contrats et les défauts, pas de « score ». Le piège classique est l'ouverture de crédit (carte, réserve d'argent) proposée tôt : elle coûte plus cher qu'un prêt à tempérament et n'a pas de fin programmée (voir ouverture de crédit ou prêt à tempérament).
Étudiant qui veut une voiture. Un job étudiant produit un revenu irrégulier et plafonné ; un prêteur classique estimera le plus souvent qu'il ne suffit pas à couvrir 36 ou 48 mensualités. Les « prêts étudiants » proposés par certaines banques sont des crédits à la consommation destinés aux frais d'études, soumis à la même évaluation de solvabilité, et souvent conclus avec un parent. Les allocations d'études des Communautés sont des bourses, pas des prêts. Les voies réalistes :
- Un parent co-emprunteur : le crédit est alors évalué sur les revenus des deux signataires, qui sont tous deux tenus de la totalité. Un parent simple caution est aussi possible : la loi encadre strictement le cautionnement d'un crédit à la consommation (contrat écrit, montant précisé, information de la caution).
- Un prêt familial écrit, avec reconnaissance de dette (voir plus bas), souvent sans intérêt.
- Attendre le premier contrat de travail et choisir un prêt auto court sur une occasion : les conditions sont dans financer sa voiture à crédit.
Indépendant ou dirigeant : emprunter à titre privé, ou à sa société ?
Un indépendant emprunte comme n'importe quel consommateur pour un besoin privé (voiture, travaux, projet personnel) ; seule la preuve de revenus change : l'avertissement-extrait de rôle et les déclarations récentes remplacent les fiches de paie. Les prêteurs regardent en général l'ancienneté de l'activité et la régularité du revenu net imposable, pas le chiffre d'affaires. Tout est détaillé dans le guide prêt personnel pour indépendant, y compris la frontière avec le crédit professionnel, qui n'est pas comparé sur ce site.
Puis-je emprunter de l'argent à ma société ? Si vous êtes dirigeant d'une SRL ou d'une SA, votre société peut vous avancer des fonds, en général via votre compte courant qui devient débiteur. Ce n'est pas un crédit à la consommation : aucune protection du livre VII (pas de TAEG maximum, pas de rétractation), et trois points à régler avec votre comptable avant de le faire :
- Fiscalité. Un prêt sans intérêt ou à taux réduit consenti par la société est un avantage de toute nature imposable dans votre chef (art. 36 du CIR 92 et art. 18, § 3, de l'AR/CIR 92). Il se calcule avec un taux de référence fixé chaque année par arrêté royal (celui des revenus 2025 a été publié en février 2026) ; votre comptable connaît le taux applicable.
- Gouvernance. Une avance de la société à son dirigeant est une opération où vos intérêts et ceux de la société divergent : la procédure de conflit d'intérêts du Code des sociétés et des associations s'applique, avec justification écrite du montant et du taux.
- Image du bilan. Un compte courant débiteur important est lu par les banques et les prêteurs comme un signal de fragilité ; il peut compliquer un crédit ultérieur, privé ou professionnel.
Pour un besoin privé, un prêt personnel en votre nom, avec un TAEG plafonné et des mensualités fixes, est souvent plus simple et plus sain que de puiser dans la trésorerie de la société.
Peut-on demander un crédit ou emprunter de l'argent à son employeur ?
Oui, rien ne l'interdit, mais rien ne l'impose : c'est un accord libre entre vous et votre employeur, pas un droit. Le Code de droit économique envisage d'ailleurs ce cas : il permet au Roi de dispenser de certaines règles les crédits « consentis par un employeur à ses salariés à titre accessoire, sans intérêt ou à des taux annuels effectifs globaux inférieurs à ceux pratiqués sur le marché, et qui ne sont pas proposés au public en général » (art. VII.3, § 4). En pratique, ces prêts sont rares et réservés à des montants modestes ou à des situations précises (avance sur salaire, dépense imprévue).
| Avance sur salaire | Prêt de l'employeur | |
|---|---|---|
| Nature | Paiement anticipé d'une rémunération déjà gagnée ou à gagner dans le mois | Somme prêtée, à rembourser sur plusieurs mois |
| Intérêts | Aucun en général | Sans intérêt ou à taux réduit : l'avantage est alors imposable dans votre chef (avantage de toute nature, taux de référence fixé par arrêté royal) |
| Remboursement | Retenue sur la paie suivante | Retenues sur salaire convenues par écrit ; la loi sur la protection de la rémunération encadre ce que l'employeur peut retenir |
| Si vous quittez l'entreprise | Régularisé au décompte final | Le solde devient en général exigible : à prévoir dans la convention |
Faites toujours établir une convention écrite (montant, échéancier, taux, sort du solde en cas de départ) et demandez à l'employeur de confirmer le traitement fiscal avec son secrétariat social. Un prêt de l'employeur ne figure pas à la Centrale des crédits, mais vous devez le déclarer comme charge si vous demandez ensuite un crédit à un prêteur : la loi vous oblige à donner une vue complète et honnête de votre situation.
Peut-on demander un crédit en cours de divorce ou de séparation ?
Oui, aucune règle ne suspend l'accès au crédit pendant une procédure de divorce. Mais le prêteur évaluera votre situation telle qu'elle est aujourd'hui, pas telle qu'elle sera après le jugement : les crédits signés à deux comptent encore en totalité dans vos charges.
Wikifin est net sur ce point : « les signataires du contrat de crédit restent tenus tant que la banque ne les a pas clairement déchargés », et un accord entre ex-partenaires sur qui rembourse quoi ne lie pas le prêteur : si la voiture est attribuée à l'un et qu'il ne paie plus, « la banque se retournera contre vous ». Tant qu'un crédit commun n'est pas soldé ou repris par l'autre avec l'accord écrit du prêteur, un nouveau prêteur le verra à la Centrale et le comptera dans votre budget.
- Avant de demander : réglez le sort des crédits communs (remboursement, reprise par l'un avec décharge écrite de l'autre, vente du bien financé). La marche à suivre est dans se désolidariser d'un crédit.
- Déclarez tout : pension alimentaire versée (charge) ou perçue (revenu), nouveau loyer, garde des enfants. Le prêteur en tient compte dans la marge, et un dossier incomplet est un motif de refus.
- Mariés sous le régime légal : un crédit souscrit seul peut engager l'autre époux si le prêteur prouve qu'il servait aux besoins du ménage (Wikifin, 29 août 2025). Un prêteur prudent peut donc demander des précisions sur l'usage du crédit et sur la procédure en cours. En divorce par consentement mutuel, la répartition des dettes doit figurer dans les conventions préalables.
- Ne compensez pas une baisse de revenus par une ouverture de crédit : si le budget est tendu après la séparation, un regroupement de crédits ou l'aide d'un service de médiation de dettes vaut mieux qu'une réserve d'argent.
En médiation de dettes ou en règlement collectif de dettes : peut-on emprunter ?
En règlement collectif de dettes (procédure judiciaire), non, sauf autorisation du juge. En médiation de dettes amiable (service agréé, CPAS), la loi n'interdit pas un nouveau crédit, mais il contredit presque toujours le plan négocié et sera, en général, refusé.
Le Code judiciaire (art. 1675/7, § 3) interdit à la personne admise au règlement collectif, sauf autorisation du juge, « d'accomplir tout acte étranger à la gestion normale du patrimoine » et « d'aggraver son insolvabilité ». Contracter un crédit entre dans ces interdictions. La procédure est d'ailleurs visible des prêteurs : la Banque nationale enregistre dans la Centrale, dans les 24 heures, la décision d'admissibilité, le médiateur désigné et les dates du plan. Un prêteur qui vous accorderait un crédit dans ces conditions enfreindrait son obligation d'évaluation.
En médiation amiable, votre médiateur négocie avec vos créanciers un plan basé sur votre budget réel ; y ajouter une mensualité le rend caduc. Si une dépense indispensable survient (voiture pour conserver un emploi, appareil ménager), parlez-en d'abord au médiateur ou au CPAS : aide sociale, prêt du CPAS, ou crédit social accompagné (Crédal publie ses propres règles pour les personnes fichées ou en règlement collectif : renseignez-vous avant de déposer une demande). Après la fin d'un plan, les défauts régularisés restent enregistrés un an à la Centrale, les autres dix ans à compter du premier défaut : consultez vos données gratuitement avant toute nouvelle demande. Si vous n'êtes pas encore en médiation mais que les mensualités deviennent lourdes, lisez difficultés de paiement d'un crédit : plus on agit tôt, plus il y a de solutions.
Sans banque, sans justificatifs, sans garantie, sans intérêt : ce qui existe vraiment en Belgique
Ces quatre demandes reviennent sans cesse. Voici ce qu'elles signifient en droit belge et ce qui existe réellement.
| Vous cherchez | La réalité belge | Ce qui existe légitimement |
|---|---|---|
| Emprunter sans passer par une banque | Possible : beaucoup de prêteurs de crédit à la consommation ne sont pas des banques. Ils doivent être agréés et respecter exactement les mêmes règles (évaluation, Centrale, TAEG maximum). | Prêteurs agréés et intermédiaires inscrits (liste sur fsma.be), crédit social accompagné, prêt familial écrit. |
| Emprunter sans justificatifs | Impossible chez un prêteur agréé : la loi lui impose de vérifier vos revenus et de consulter la Centrale. « Sans justificatif » désigne seulement le prêt personnel non affecté, où vous ne justifiez pas l'usage de l'argent. | Prêt personnel (libre d'affectation, mais avec analyse du dossier). |
| Un prêt sans garantie | C'est la norme : un prêt à tempérament ne prend ni hypothèque ni gage. La « garantie » du prêteur, c'est votre capacité de remboursement ; il peut demander un co-emprunteur ou une caution, et beaucoup de contrats contiennent une clause de cession de rémunération en cas d'impayé. | Prêt personnel, prêt auto (avec parfois une réserve de propriété sur le véhicule). |
| Emprunter sans intérêt | Pas chez un prêteur professionnel, hors ventes à tempérament à 0 % de certains commerçants (Wikifin : vérifiez que vous avez « les mêmes avantages qu'un consommateur » qui paie comptant). Des prêts publics à 0 % existent pour la rénovation énergétique. | Prêt familial, avance de l'employeur, prêts régionaux à 0 % pour travaux, aide du CPAS. |
Le prêt familial ou entre amis, bien fait : Wikifin conseille de « mettre de préférence les conditions du prêt par écrit ». Pour les petits montants, une reconnaissance de dette écrite à la main et signée par l'emprunteur suffit ; au-delà de 3.500 €, le Code civil (art. 8.9) exige un écrit signé pour prouver l'engagement. Précisez montant, échéancier, intérêt éventuel (soumis au précompte mobilier) et conséquences d'un retard. Aucune limite de montant n'existe, mais le prêteur familial prend un risque réel si une banque vous a déjà refusé.
Peut-on faire un crédit pour un mariage ?
Oui : un mariage se finance par un prêt personnel, crédit non affecté dont vous n'avez pas à justifier l'usage. Les mêmes règles s'appliquent : évaluation de votre solvabilité (et de celle de votre futur conjoint si vous empruntez à deux), consultation de la Centrale, TAEG plafonné à 12,00 % au-delà de 5.000 € pour un prêt à tempérament (TAEG maximum légal).
Exemple : 10.000 € sur 48 mois au meilleur TAEG relevé pour ce montant et cette durée (10,99 %, le 1er octobre 2026) coûtent 255,90 € par mois, soit 2.283,20 € d'intérêts. Sur 36 mois, la mensualité monte à 324,89 € mais le crédit ne coûte plus que 1.696,04 €. Deux conseils : n'empruntez que ce que l'épargne et les cadeaux ne couvrent pas, et évitez de démarrer la vie commune avec une mensualité qui bloquerait un futur crédit logement, car elle restera visible à la Centrale jusqu'au dernier remboursement. Calculez d'autres montants dans calculer un crédit ou avec le simulateur.
Exemples indicatifs à TAEG constant, sans assurance facultative, calculés avec les TAEG relevés chez les prêteurs le 1er octobre 2026. L'offre réelle dépend du prêteur et de votre dossier.
Questions fréquentes sur le crédit selon votre situation
Faut-il avoir un CDI pour faire un crédit voiture ?
Non. La loi belge n'exige aucun type de contrat de travail : le prêteur doit évaluer vos revenus, vos charges et leur stabilité sur la durée du crédit. Un CDD ou de l'intérim est accepté par de nombreux prêteurs si les revenus sont réguliers et la durée du crédit raisonnable.
Peut-on faire un crédit auto en CDD ?
Oui, c'est possible. Le prêteur regarde en général la date de fin du contrat par rapport à la durée du crédit, les renouvellements successifs et les autres revenus du ménage. Une durée courte, un acompte ou un co-emprunteur aident.
Comment obtenir un crédit auto quand on est au chômage ?
Les allocations de chômage sont un revenu de remplacement que le prêteur peut prendre en compte, mais comme elles sont limitées dans le temps (24 mois maximum pour les demandes depuis le 1er mars 2026), les prêteurs classiques refusent le plus souvent un dossier sans autre revenu stable. Alternatives : co-emprunteur, crédit social accompagné (Crédal, Wallonie et Bruxelles), CPAS.
Comment emprunter de l'argent sans justificatifs ?
Chez un prêteur agréé, ce n'est pas possible : la loi l'oblige à vérifier vos revenus et à consulter la Centrale des crédits de la BNB. Le prêt personnel est « sans justificatif » uniquement au sens où vous ne devez pas justifier l'usage de l'argent. Les offres de crédit sans aucune vérification sont des arnaques.
Peut-on souscrire un prêt personnel après 70 ans ?
Oui. La loi ne fixe aucun âge maximum pour un crédit à la consommation ; chaque prêteur applique sa propre politique d'âge (âge limite à la signature ou à la dernière mensualité, durée réduite). Comparez plusieurs prêteurs et privilégiez une durée courte.
Quel âge pour faire un prêt personnel ?
18 ans. Dès la majorité, on peut contracter un crédit ; un mineur ne le peut pas. Le prêteur vérifie ensuite la solvabilité comme pour tout le monde : revenus réguliers, charges, absence de défaut de paiement à la BNB.
Peut-on demander un crédit à son employeur ?
Oui, si l'employeur accepte : c'est un accord libre, pas un droit. Un prêt sans intérêt ou à taux réduit constitue un avantage de toute nature imposable, calculé avec un taux de référence fixé chaque année par arrêté royal. Faites établir une convention écrite avec l'échéancier et le sort du solde si vous quittez l'entreprise.
Puis-je emprunter de l'argent à ma société ?
Un dirigeant peut recevoir une avance de sa société (compte courant débiteur), mais ce n'est pas un crédit à la consommation protégé par la loi. L'avantage en intérêts est imposable, la procédure de conflit d'intérêts du Code des sociétés s'applique et un compte courant débiteur pèse sur l'image du bilan. Voyez-le avec votre comptable.
Peut-on demander un crédit en cours de divorce ?
Oui, rien ne l'interdit, mais les crédits signés à deux comptent encore entièrement dans vos charges tant que le prêteur ne vous en a pas déchargé par écrit. Réglez d'abord le sort des crédits communs et déclarez pension alimentaire, nouveau loyer et garde des enfants.
Peut-on emprunter quand on est en médiation de dettes ?
En règlement collectif de dettes, non, sauf autorisation du juge (Code judiciaire, art. 1675/7). En médiation amiable, la loi ne l'interdit pas, mais un nouveau crédit contredit le plan et est en général refusé. Parlez de tout besoin urgent à votre médiateur ou au CPAS.
Sources (consultées le 9 octobre 2026) : Wikifin (FSMA), « Que vérifie le prêteur ? » (mis à jour le 16 février 2026) ; SPF Économie, « Lignes directrices : évaluation de la solvabilité, crédit à la consommation » (4 juillet 2022) ; Code de droit économique, livre VII, art. I.9 (définition du prêteur), VII.3 (champ d'application, § 4 sur les crédits de l'employeur), VII.69, VII.75 et VII.77 ; Wikifin, « Qu'est-ce qui change lorsqu'un enfant devient majeur ? » (11 mai 2026) ; Wikifin, « Le partage des biens en cas de séparation » (29 août 2025) ; Wikifin, « Prêter de l'argent à un ami ou à un membre de la famille » (16 février 2026) ; Wikifin, « Le prêt à taux zéro » (12 février 2026) ; ONEM, « Réforme de l'assurance chômage » (mis à jour le 9 septembre 2026) ; Crédal, crédit social accompagné pour particuliers (montants, TAEG et plafonds relevés le 9 octobre 2026) ; Banque nationale de Belgique, « Tout savoir sur la Centrale des crédits aux particuliers » ; Code judiciaire, art. 1675/7 ; Code civil, livre 8, art. 8.9 et 8.21 (preuve des actes de 3.500 € et plus) ; art. 36 du CIR 92 et art. 18, § 3, de l'AR/CIR 92 (avantage de toute nature sur prêts) ; FSMA, « Vérifiez votre fournisseur » et FSMA, « Attention aux fraudes ». Les politiques d'acceptation des prêteurs ne sont pas publiées : les tendances « en général » décrites ici ne lient aucun prêteur. Finalys compare des crédits à la consommation et n'est pas prêteur ; la décision appartient toujours au prêteur agréé.
Votre situation est particulière ? Décrivez-la dans votre demande : un dossier complet et honnête est le meilleur argument.
Attention, emprunter de l'argent coûte aussi de l'argent. TAEG des prêteurs relevés le 1er octobre 2026.